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Triathlon

Compte-rendu Ironman 70.3 Miami : it’s getting hot in here!

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C’était il y a tout juste une semaine. Avec Anne nous avons débuté nos vacances sur les chapeaux de roues en participant au triathlon Ironman 70.3 Miami ! Retour sur cette aventure incroyable en Floride.

Si le titre de l’article parle de lui même, je vais pas mal aborder le rôle de la température sur cette course qui a été plus que déterminant. Half Ironman je peux dire que je connais puisque j’ai fait celui d’Aix en Provence en mai dernier mais la nage avait été annulée…. On peut donc dire qu’à Miami c’était mon vrai dépucellage sur cette distance : 1.9k/90k/21k. Une véritable première où je suis passé par de nombreuses émotions différentes !

Par où commencer ? Le plus simple pour tout le monde est de raconter cette expérience faire dans l’ordre chronologique.

Fin de prépa déliquate

J’en avais parlé un peu sur mes réseaux sociaux et même dans mon dernier article posté avant le grand départ : J-3 Ironman 70.3 Miami.

Clairement j’avais zéro certitudes pour le running avant de faire un mini test le vendredi sur 12min sur un tapis. Chose assez folle qu’en on y repense, depuis le 10km Paris Centre je n’ai couru que 2 fois (2x10km) en 3 semaines… J’ai enchaîné une douleur à l’adducteur gauche après un ride puis surtout une inflammation au tendon d’Achille à 10 jours du triathlon… Bref pas l’idéal avant de me lancer dans la plus grande course de l’année.

J-3 arrivée à Miami

 Aussitôt arrivé on n’a pas eu trop le temps de profiter de la plage car il fallait gérer la location des vélos, les essayer, récupérer les dossards, préparer le package et faire le checkin. Pas mal de boulot donc surtout lorsque l’on est loin de chez soi. Cela fera office d’un article dédié d’ailleurs.

Le vendredi on est allé récupérer notre pack athlète et surtout nos vélos directement sur le village Ironman. On est passé par City Bikes Miami, le loueur officiel de la course et aussi sponsor naming, afin de se faciliter la vie. Jusqu’au dernier moment c’est vraiment l’inconnu sur quel vélo on va avoir. On m’avait dit Cervelo P2 au moment de la réservation mais vu ma taille on m’a octroyer un Cannondale Slice donc même gamme. En même temps je m’en fichais un peu puisque je n’avais jamais roulé sur un vélo type CLM. C’était donc très important de bien tester le vélo pour apprivoiser la machine et bien la régler. Surtout que le loueur m’a donné un taille 57 vs mon 58 sur mon Felt. Après un petit ride de 30km le samedi je n’étais toujours pas au top sur le vélo donc j’ai refait faire des réglages en arrivant sur le village juste avant le checkin vélo.

ironman-703-ride-saturday

Pour la natation j’ai fait une mini séance de 250m en mer le vendredi. Le moment de me rendre compte que nager en mer sans combinaison ce n’est clairement pas la même que dans un lac avec combinaison…. Le peu de certitudes que j’avais sur la nage venaient de s’effacer ahah.

Sur le plan de la nutrition j’ai gardé mon petit rituel maki-sushis + riz. J’ai bien déjeuné et relativement normalement le matin de la course. C’était important que je mange bien étant donné que ma vague de départ était la dernière (1h30 après les pro). Tout était prêt pour le vélo et pour la course à pied avec mes barres Clif Bar.

Jour j à Miami

Le réveil sonne à 5h du mat… dur ouais ! C’est le prix à payer pour prendre un bon petit dej et préparer tout le pack. On commande un Uber direction le Bayfront Park de Miami. Il fait encore nuit lorsque l’on arrive sur place vers 6h15. Le parc à vélo se rempli peu à peu des 3000 participants. Dernier petit réglage de selle pour moi (oui à quelques heures du départ…) et on prépare tout ce qu’il faut pour passer les transitions sans encombres. 7h, tout le monde dehors ! On se rapproche du ponton de départ d’où les pro vont s’élancer en premier à 7h25.

L’ambiance est assez incroyable dans ce cadre magnifique au levé du soleil. Les ombres des arbitres en paddle te font joliment comprendre que cette fois il n’y a pas de marche en arrière possible. Départ des pro, je donne mes derniers mots d’encouragements à Anne qui participe à son premier Half Ironman avant son départ à 8h11 🙂 Moi je prends mon mal en patience puisque je pars en 22ème et dernière vague juste avant les relais. Du coup avant même de partir j’ai le droit de voir la sortie d’eau des pros, hommes puis femmes. 27min et des poussières pour les leaders ! Rapide mais pas tant que ça pour des pro. Cela me confirme dans le fait que ça ne va pas être ma petite nage du mardi soir à la piscine. Je rejoins mes concurrents de la vague 25-29 ans et tous à la flotte !

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Swim pas comme un poisson dans l’eau

8h51, it’s GO time!

Ca part très fort à côté de moi, je n’essaye même pas de suivre par peur d’exploser rapidement. J’adopte un rythme pas trop dégeu sur les 500 premiers mètres. Je ne me sens pas en forme olympique mais je tiens un rythme régulier. Les premiers de la course en relais me rattrapent vers 800m alors que je double aussi pas mal de nageurs des vagues précédentes. Je me dis que je vais pouvoir limiter la casse et ne pas être trop loin du 45min souhaité. Oui mais voila, sans la combi c’est plus difficile. Vient le moment de traverser toute la largeur de la baie et son courant. Je l’avais clairement sous estimé celui-là…. Je commence sérieusement à faiblir, je trouve le temps hyper long. L’idée de croiser un petit requin me traverse l’esprit puis je me dis qu’il aurait déjà choisi son petit dej dans les vagues précédentes (tout le monde sauf Anne of course ^^). 1200m, aucune sensation de glisse, j’ai même de l’eau qui rentrent petit à petit dans le bas de mes lunettes. Ca m’oblige même à m’arrêter pour arranger tout ça.

J’en termine tant bien que mal en me disant « Raison de plus pour envoyer sur le vélo ! ». Je sors de l’eau en espérant n’être pas trop à la ramasse et je vois plus de 53min à ma montre… un petit coup dur pour moi qui avais nagé les 1500m de Paris et Gerardmer en 27 et 28min.

Heureusement qu’il y a ce petit gamin et sa pancarte « SMILE IF YOU PEED ON YOURSELF » pour me redonner le sourire 🙂 (et oui j’ai kiffé me suis pisser dessus juste avant le départ).

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Transition 1 no chip no tracking

Hop on court à petites foulées vers le vélo. Je prends un gobelet d’eau pour enlever ce goût ultra salé de l’océan puis j’arrive devant ma machine. Je retire ma puce, me sèche les pieds, je mets mes chaussettes, mon casque et mes lunettes, un peu de crème solaire sur le nez que j’étalerais plus tard et c’est parti. Je pousse le vélo jusqu’à la zone où l’on peut l’enfourcher !
Oh Wait la puce ???

Ride like the wind

Super content d’enfin être sur le vélo, je boucle confortablement mes chaussures que j’avais laissé clipsées sur mes pédales pour gagner du temps. C’est parti pour la remuntada ! Au panneau 10miles je pense à mon chrono et commence à accélérer alors que l’on sort de Miami. Je pense au live tracking que mon @Viniz7 fait sur mon compte Twitter et ma page Facebook et la je regarde ma cheville. Putain le con ! Mais quel con ! Dans la précipitation j’ai oublié de remettre ma puce après avoir enfilé mes chaussettes. Impossible de faire demi-tour, je me dis merde les gens vont s’inquiéter. Moi même je stress car je me dis que je n’aurais pas mon Bike Split. Pour vu que ça passe pour le run et le chrono final après la transition 2.

Bref je suis vener mais je reste dans ma course. Je mange petit à petit ma barre Clif Bar Peanut Butter et je récupère une boisson Gatorade au premier ravito. C’est bienvenu car j’ai un seul porte bidon sur ce Cannondale Slice. Je mets la Gatorade dans ma poche arrière gauche de ma trifonction.

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On attaque une grande portion avec du vent à 3/4 de face. Pas évident mais je remonte bien. Je commence même un mano à mano avec un mec qui roule sur une fusée comparé à mon vélo. J’ai un peu mal au cul sur cette selle mais ça va j’ai une bonne vitesse constante autour de 35-36km/h. Au bout de 30km on tourne direction le nord. On se prend alors le vent pleine face, complètement à découvert. Environ 15km difficiles où j’essaye de maintenir une bonne fréquence de pédalage et une vitesse de 31-32km/h. Mes efforts payent et me motivent puisque je dépasse beaucoup de triathlètes. Et puis qui dit vent de face à l’aller dit vent dans le dos au retour :).

45km, demi-tour toute ! 2ème ravito, je récupère une bouteille d’eau pour ne pas trop taper dans mon bidon. Je m’hydrate bien et je lâche les chevaux. Pur moment de plaisir pendant ces km ou l’on se sent voler avec le vent dans le dos. Je boucle ce segment à 40km/h de moyenne (les pro sont à 50km/h). Virage à gauche pour récupérer le vent de côté mais je reste solide, très régulier. J’appuie sur les pédales pour essayer de ne pas trop dépasser les 2h30 sur le vélo. Tiens je n’ai pas encore vu Anne ? Elle doit bien se débrouiller ! J’aperçois enfin sa tresse blonde autour du 70km 🙂 Le temps de lui faire coucou, l’encourager et lui glisser que j’ai laissé ma puce en t1 comme un débile… puis je repars dans l’objectif de tenir les 36km/h encore au moins 10-15km avant de faire tourner les jambes.

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On rentre dans Miami pour les derniers km. Une ou deux petites bosses sur des rampes d’insertion d’autoroutes pour dire qu’il y avait du dénivelé ahah. Je baisse de rythme pour être bien sur le run et voilà le parc à vélo qui se profile. Je clock 2:38:35 à ma Polar et descends du vélo très satisfait !

Transition 2 motivated

Ouf je retrouve ma puce sur ma serviette ! Je l’a rattache aussi sec, pose ma casquette sur la tête, enfile mes Adidas PrimeBoost, embarque un gel et mon drapeau puis c’est parti pour 21km en courant.

Run harder than ever

Je sors de la t2 étonnamment frais. La chaleur n’était pas encore trop forte sur le vélo puis l’effet de la vitesse est toujours un peu rafraîchissant. La sensation d’après le vélo part très vite donc tout va bien ! Je pars sur un bon rythme de 4:50/km sur les 3 premiers km. Et puis le combo toxique chaleur+soleil+dénivelé va vite faire son effet sur moi. Sur le parcours on doit franchir le MacArthur East Bridge qui relie Downtown Miami à Jungle Island. Une portion de bien 600m à environ 8%. Si le premier passage va encore, les 30 degrés à l’ombre (donc presque 10 de plus au soleil) s’abattent sur moi comme la foudre. En même temps il est environ 12h30 à ce moment là ! CRAZY ! C’est le capo grand ouvert que je continue.

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Il ne m’aura pas fallu longtemps pour adopter le rituel suivant : 2 gobelets d’eau glacée sur la tête et 2 à boire. Je ne voyais pas comment j’aurais pu faire sans. J’ai fait le calcul, je me suis arrêté sur chacun des 4 ravitos de la boucle 10km. C’était un aller-retour donc 4×4=16 ravitos. 16×4=64 gobelets (32 dans mon corps, 32 sur mon corps). Oui c’est une dinguerie ! On se croise 3 fois avec Anne. On se tape dans la main et s’encourage. Le fucking pont a raison de mes espoirs de faire un semi potable mais je m’accroche à l’idée d’arriver au ravito suivant. Je passe une grande partie de la course en 5:45/km. Dernier franchissement du pont au 18km et là je me dis que j’y suis presque. C’est bientôt la fin du semi le plus dur de ma vie ! Je ne prends aucun risque et m’arrête aussi sur les 2 derniers ravitos pour me rafraîchir.

20km, je sors le drapeau de ma poche pour terminer en 5:21/km porté par les encouragements des français et américains qui trouvent ça cool. Je sais que je vais être limite niveau objectif mais je savoure le moment. C’est hyper fier et soulagé que j’en termine en 1:56:50 à la montre.

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Au final je boucle cet Ironman 70.3 Miami en 5:35:38 au chrono officiel ! 43/158 finishers de mon age group 25-29 et 603/3000 overall.

  • 53:45 Swim
  • 2:41:28 Bike (qu’ils ont marqué en notant 2min par transition mais mon vrai chrono se rapproche de 2h38)
  • 1:56:25 Run
  • T1 et T2 2min chacun mais je suis plutôt à 4min et 3min en réalité.

Je ne rentre pas dans mes 5h30 mais je n’en suis pas loin malgré des conditions compliquées. La médaille de finisher est à la hauteur de l’évènement donc je ne me fais pas prier pour capture cet instant 🙂

Autre petite déception, ce chrono ne me permet pas d’avoir suffisamment de points pour accéder au statut AWA Bronze (je vous en parlais ici). Il m’en manque 300 seulement.

Je tiens à vraiment féliciter Anne qui s’est super bien débrouillée sur son premier triathlon longue distance. Je suis hyper fier et content que l’on ait pu partager cette aventure ensemble. Je vous dit un grand MERCI à vous tous pour votre soutien, vos messages d’encouragement et vos messages de félicitations après la course. J’essaye de vous partager un peu de ma motivation au quotidien et dans ces moments là vous me le rendez bien :). Shout out to Ironman. L’inscription coûte une blinde mais le service est au rendez-vous. Et merci à tous les triathlètes qui m’ont donné des petits conseils tout au long de ma prépa.

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Matthieu
Student in MKT/Com/SocialMedia/MGMT & Sport/Tech. Founder of www.frenchfuel.fr. Co-Founder of @HashtagKiwi

2 Commentaires

  1. Bravo pour ta course et le CR! 2 petites questions: penses-tu au final avoir réussi sur ton vélo de location une performance aussi bonne que tu l’aurais faite sur ton propre vélo? Et l’orga n’a pas fait de difficultés par rapport à l’absence de puce sur le vélo?

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