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Compte-rendu : OCC, la petite course de l’UTMB sous la pluie !

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Il y a 10 jours je m’élançais sur mon plus gros test Trail Running de ma petite vie de sportif. Je n’ai pas fait dans la demie-mesure pour mon 2ème trail : OCC, la « petite » course de l’UTMB. 56km et 3500D+ au programme !

Je dis la petite course car l’OCC est la plus petite distance des courses de l’UTMB. L’Ultra Trail du Mont-Blanc c’est le sommet mondial du trail. Le plus important et réputé rdv trail au monde. J’avais hyper hâte de découvrir cet univers et cette ambiance surtout que sur cette édition 2017 le gratin du Trail était réuni : François D’haene, Kilian Jornet, Xavier Thevenard, Zach Miller, Caroline Chaverot…. pour ne citer qu’eux.

Un challenge rendu possible grâce à Columbia qui m’a accompagné sur cette aventure avec d’autres coureurs.

DU TRI AU TRAIL, PREPA ATYPIQUE

Vous commencez à avoir l’habitude avec moi, je ne fais pas les choses comme tout le monde. J’aime toucher à tout en essayant de performer du mieux possible. C’est parfois délicat à gérer tant mon calendrier est chargé en évènements sportifs. Cette fin août en est l’illustration parfaite : enchaîner le Half Ironman Vichy (26/08) et l’OCC le 31/08.

Ce triathlon était mon objectif principal de l’été alors que j’abordais l’OCC plus en découverte du Trail avant toute chose. Ma préparation était très accès tri surtout après le Trail des 6 Cols couru début juillet. Je dois avoué que j’avais quelques doutes sur mes capacités à enchainer en si peu de jours surtout en ayant fait très très peu de D+ sur les 45 jours précédent la course à Chamonix. Mais c’est encore une preuve que le Triathlon est un sport exceptionnel au niveau de la récupération d’après course (je vous en parlais ici en détails).

N’ayant jamais couru plus que les 39km du Trail des 6 Cols et les 42km du Marathon de Paris, je n’étais pas rassuré mais je me suis fait à l’idée que le Trail de Valdisère était surement plus difficile (39k et 3200D+) que ce qui m’attendait sur l’OCC. Pourquoi je dis ça ? A peine moins de D+ avec 17km en moins. L’OCC serait donc beaucoup plus roulante !

Un bon repas avec la Team Columbia la veille de la course et j’étais bon pour une nuit de sommeil 🙂

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RACE DAY

Jour-J, réveil super matinal pour prendre le petit dej. Bon je dois avouer j’ai pris le plus ridicule des petits dej d’avant course. Ce n’était pas encore ouvert à l’hotel du coup ils nous avaient préparer un petit truc : 1 sandwich et 1 pomme ^^ si si je vous jure. Heureusement j’avais une banane et une barre à manger sur la route. Sur la route car il fallait se rendre à Orsières en Suisse depuis Chamonix. Environ 1h sur la route encore bien endormi.

J’arrive sur la zone de départ avec mes camarades du jour Jordan de @mountainslegacy et Olivier @olivierpineda. Gil @the_back_pack immortalise nos têtes de barbus à moins d’une heure du départ alors que Anne m’encourage déjà alors qu’elle va vivre cette longue journée en tant que supportrice de choc ! 15min du départ, c’est le moment ou une pluie fine commence à tomber.

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Chamonix here I come! Le top départ retentit alors que nous sommes plus de 1500 partants.

1500 coureurs ça fait du monde sur les chemins. Je suis dans le ventre mou du peloton sur les premiers km. Une première petite ascension lente bloqué dans les bouchons. Il pleut toujours. C’est un peu plus roulant ensuite et je commence a faire chauffer la machine tranquillement. On attaque la montée vers Champex et le premier ravito. 10km de course et déjà bien trempé. Je passe en 696ème position.

Je décide d’accélérer sur la portion très roulante qui suit. S’enchaîne ensuite la Montée de Bovine, lieu et place du challenge Strava i-Run x Garmin que j’avais mis en favoris. Du coup ma Garmin me l’indique et ça me motive. Tellement chaud que je cours sur une grande partie de la montée alors que beaucoup marchent. Je bascule au col avec de bonnes sensations ce qui me fait gagner plus de 200 places en arrivant à La Giète au 20km (476ème). Niveau paysage ben j’imagine que c’est très beau mais les nuages et le brouillard gâche un peu la fête.

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Sur la longue descente vers Trient je me sens super bien et lâche les chevaux. Pas question de contrôler ma descente, je laisse la machine s’emballer. Un peu trop d’ailleurs… J’évite la chute de très très peu en me prenant une racine. Un gros gros coup de flip heureusement sans gravité ! Je redouble de vigilance jusqu’à l’arrivée à Trient au 26km pour un nouveau ravito. 421ème j’ai encore grapillé quelques places 🙂 A ce moment on est environ à la moitié du D+. Les jambes sont encore relativement fraîches. Anne m’encourage encore et toujours, ça fait du bien car la pluie n’a pas cessé une seule seconde…

Motivé, je repars de l’avant pour m’attaquer à la plus grosse difficulté du parcours : la montée de Catogne ! La aussi j’avais identifié le segment Strava Trient – Catogne pour me motiver. L’ascension est rude : 3.8km avec 17% de pente et 684m de D+ !!! Alors que j’ai mes bâtons Raidlight accroché à mon sac, je décide de ne toujours pas les sortir. J’opte pour la technique des mains sur les genoux. Je n’oublie pas de m’alimenter car le prochain ravito n’est pas pour tout de suite. Clif Bar et surtout Gel Gu Energy Salted Caramel (un régal). La montée se passe bien mais en arrivant vers le sommet de Catogne qui culmine à près de 2600m, ce sont des bourasques de vent qui se joignent à la pluie. Clairement on se les caille ! J’enfile mon buff et je me force à courir pour me réchauffer avant la descente. Mes mains sont congelées, je vois d’autres coureurs qui n’arrivent même pas à tenir leurs bâtons…

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J’attaque la longue descente tout doucement pour remonter en température. Après quelques centaines de mètres j’arrive à descendre plus vite et me réchauffer. Les jambes commencent à être un chouya lourde donc j’essaye d’économiser mes quadri comme je peux. J’arrive sur Vallorcine au 36km en 429ème position (Anne me l’annonce pour me motiver 🙂 ). Je décide de prendre le temps de me ravitailler comme il faut. Au menu : soupe de pâte, saucisson, fromage, pain, fruits etc… On se recroise avec Olivier que j’encourage aussi comme je peux.

C’est reparti pour les derniers 20km du parcours ! Toujours pas de soleil mais bon la pluie c’est bien hein. 10km assez roulant avant le prochain ravito mais le poids des jambes commence à se faire sentir. J’essaye de relancer comme je peux la ou d’autres semblent avoir plus de mal. Je sais que si je veux rester proche du top 400 je dois grapiller des places avant la dernière grosse descente. Je franchis Argentière en 399ème position avant d’attaquer la montée vers La Flégère. Je me dis alors que le plus dur est fait (44km et 2700D+).

C’est parti pour 5km d’ascension. Je retrouve mes supporters Anne, Gil et Charlotte au beau milieu d ela forêt après 300m de montée. Ca fait du bien car après, c’est en solo jusqu’à Chamonix ! Je n’ai plus les jambes que j’avais sur la Montée de Bovine… des ampoules commencent à piquer à cause de toutes ces heures passées sous la flotte. Mais bon j’en ai fait 7, il n’en reste pas beaucoup. Je grimpe doucement mais surement. Je relance sur une portion ou l’on peut courir (environ à la moitié de l’acsension). Ca se corse en sortant de la forêt avec une portion interminable à découvert sur ce qui semble être une piste de ski. On aperçoit le fameux télésiège de La Flégère (arrivée du Marathon du Mont-Blanc pour info) mais je manque de jus. Pas mal de coureurs me doublent et je préfère garder mon rythme. J’arrive sur ce dernier ravito d’eau en 8h11 de course et 403ème au classement. Je sais que ce sera dur de grapiller des places dans la descente qui n’est pas mon point fort.

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La première portion n’est pas très technique mais très très pentue. Les quadri souffrent. J’essaye de contrôler plutôt que d’emballer. On passe ensuite dans la fôret sur un chemin sinueux, plus technique avec des cailloux et des racines. Je manque de lucidité mais je reste concentré. Je laisse les meilleurs descendeurs me dépasser alors que je vois le Sub9 s’envoler. -14% de moyenne sur la descente ça pique !!!

Je passe le chalet de la Floria c’est enfin la sortie de la fôret. La ligne d’arrivée n’est plus très loin 🙂 Mais avant il faut franchir la rivière et parcourir encore 1km dans Chamonix. Si à un moment je me disais que j’accélèrerais sur une allure type semi, la réalité est tout autre ahah. Impossible de faire mieux que 5:27/km mais je suis déjà comptant d’arrivée encore à courir après 55km de course.

Même s’il pleut et que les pro sont arrivés depuis longtemps, l’ambiance sur Chamonix est complètement ouf ! Des encouragements qui font super plaisir 🙂 J’arrive enfin sur la ligne d’arrivée. Je me dois quand même de célébrer cette OCC avec style. Je puise dans mes dernières réserves pour faire le saut de la victoire ^^

Je franchis la ligne en 9:06:15, classé 417/1468 finishers, 215/494 Senior H. Anne me félicite et m’aide à reprendre mes esprits. Elle m’attend avec une casquette Buff x UTMB sur laquelle je bavais ^^. Le directeur marketing europe de Columbia me félicite et me sort une canette de bière de sa poche LOL. J’adore et je la dégoupille sur le champ !

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Je suis quand même bien rincé. Content de retirer mes chaussures et chaussettes détrempées pour de bonnes vieilles claquettes. Au final pas de bobo et c’est le plus important ! Je me rends compte que j’ai quand même bien moins souffert sur la dernière descente que sur mon trail précédant. J’enfile des habits secs puis je récupère ma veste finisher OCC 🙂

Encore un grand merci à tous ceux qui ont rendu cela possible : Anne bien sûr, la team Columbia pour le matos et cette belle opportunité, les copains de chez i-Run et mes compagnons du jour : Jordan finira dans un solide top 200 en 7:59:02 alors qu’Olivier n’est pas très loin derrière moi en 9:37:52. J’espère que vous avez pu suivre cette course dans ma story Instagram que gérais Anne. Et encore un grand merci à tous pour vos messages avant, pendant et après la course !

N’hésitez pas à partager vos impressions sur cette course. Je vous encourage vivement à vous y essayer et à vivre l’UTMB en tant que coureur ou même spectateur car c’est un truc de ouf. Je vous invite d’ailleurs à lire l’article de Anne qui justement ne courait pas. Pour ma part je vous prépare un article sur l’UTMB puisque j’ai pu vivre la course reine de l’intérieur le lendemain. Une chose est sûre, cette aventure m’a donné envie de creuser davantage dans le Trail. Je sais qu’un jour, idéalement dans 2ans, je ferais la CCC (101km) et plus tard l’UTMB (171km) !

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Matthieu
Student in MKT/Com/SocialMedia/MGMT & Sport/Tech. Founder of www.frenchfuel.fr. Co-Founder of @HashtagKiwi

1 Commentaire

  1. Sacré chrono, malgré les conditions difficiles !
    Autant avant cette fin Août l’UTMB ne m’attirait pas forcément, mais en ayant suivant la live TV et les CR de course de différents bloggeur, vous faites rêver !
    Bon repos avant les prochains défis !

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